Conformité des analyses du compost

situation en septembre 2010
situation en décembre 2010
situation en septembre 2011
situation actuelle

En cet automne 2010, les animateurs des plates-formes de compostage collectif de quartier de Beaulieu-sous-la-Roche, Dompierre-sur-Yon et Saint-Philbert-de-Bouaine ont reçu du syndicat départemental TRIVALIS l'interdiction de distribuer le compost produit, suite à la non conformité à la norme NFU 44051 constatée par les analyses. Cette non conformité s'est déjà présentée depuis 8 ans et une contre-analyse immédiate sur un autre échantillon des prélèvements infirmait le premier résultat et a toujours permis de réaliser les distributions. Il est vrai que la gestion des analyses était alors une initiative locale. La centralisation de gestion de ces outils de proximité n'a pas que du bon.

Ce sont les impacts négatifs de cette gestion non concertée que nous avons communiqués par courrier au président de TRIVALIS.

 

"Notre association a l’honneur de solliciter de votre bienveillance une écoute sur la difficulté de distribuer le compost d’automne sur les plates-formes de compostage vendéennes.

 Le report des distributions dans les communes de Beaulieu-sous-la-Roche, Dompierre-sur-Yon et Saint-Philbert-de-Bouaine prononcé par Trivalis y a créé de l’émotion. Il a induit une certaine démobilisation chez les organisateurs bénévoles, particulièrement chez ceux qui avaient mis en place la communication et les moyens d’action pour la semaine suivante. Les usagers qui fréquentent ces plates-formes sans anicroches depuis des années ont été troublés par cette interdiction car elle a suscité des interrogations sur la qualité du compost.

Compost Citoyen déplore ces conséquences négatives qui auraient pu être évitées. Contrairement à une dilution, le mélange des prélèvements de compost d’un tas ne constitue pas un ensemble homogène et l’échantillon analysé n’est donc pas parfaitement représentatif. Nous nous interrogeons donc sur le fait qu’une contre-analyse sur un autre échantillon ne soit pas immédiatement exécutée pour infirmer ou confirmer un dépassement de seuil de la norme. Cela gagnerait du temps et éviterait des actions nuisibles à cet outil de prévention des déchets.

 Cet événement pose aussi le problème du contrôle du protocole du prélèvement et la transparence qu’il nécessite."

 

 

La réponse de M. le Président de TRIVALIS justifie l'interdiction prise mais ne répond pas au problème des dégâts collatéraux.

 

La contre analyse a permis de lever le doute sur la conformité du compost de Saint-Philbert-de-Bouaine et la distribution a pu se tenir avec un mois et demi de retard. Mais elle a confirmé un problème de taux d'arsenic dans les 2 autres sites. La norme vient de prendre en compte cet élément trace métallique et les raisons de ce dépassement du taux est à expliquer.

A l'entrée de l'hiver 2010, le suspens demeure à Beaulieu et Dompierre concernant la teneur en arsenic dans le compost. Une série d'analyses sur le sol et les intrants dans ces plates-formes n'ont pas permis d'identifier la source de contamination. Les résultats paraissent montrer que les intrants ne sont pas en cause, à l’exception de la pelouse. Les biodéchets apportés par les usagers possèdent moins de 2mg/kg.

Face à cette situation, le syndicat départemental TRIVALIS a convié élus et bénévoles de ces sites et l'association Compost Citoyen pour réfléchir aux mesures nécessaires pour préserver la démarche. Une étude scientifique va être commandée pour déterminer le processus de contamination, des mesures conservatoires sont prises pour exclure les sources possibles sur les deux sites. Plus globalement, les analyses sont anticipées pour préparer la distribution du printemps en Vendée, sans risque de report de dernière minute.

Rappelons que tous les autres sites de compostage de biodéchets et de déchets verts sont totalement satisfaisants pour la teneur en arsenic. La démarche de cette pratique millénaire n'est donc pas remise en cause.

A la veille des distributions du compost d'automne 2011, la situation est encore plus bloquée. Les dépassements du taux d'arsenic fixé dans la norme commerciale NFU 44-051 concernent maintenant quatre sites. Et l'étude scientifique n'a toujours pas répondu sur la cause et les solutions.

C'est l'exaspération des bénévoles après un an que nous avons communiqués par courrier au président de TRIVALIS.

Notre association avait sollicité votre écoute sur la difficulté de distribuer le compost d’automne sur les plates-formes de compostage collectif vendéennes à la rentrée 2010. Le même constat a été observé au printemps 2011. Pour cet automne, seule une plate-forme est autorisée à distribuer sa production.

 Il y a un an, nous attirions votre attention sur le trouble suscité par ces interdictions de distribuer et le risque de démobilisation des bénévoles mal récompensés de leurs efforts. Aujourd’hui, c’est l’exaspération qui prévaut face à un sentiment d’immobilisme.

 Le 7 décembre, à l’invitation de Trivalis, nous avions participé à une table ronde avec les élus et les relais des communes concernées pour dresser l’état des lieux et envisager les actions correctives. Face aux incohérences des différents résultats d’analyses, une étude scientifique était décidée avec la collaboration du CEMAGREF. Neuf mois plus tard, rien n’a émergé, que ce soient les causes de la présence d’arsenic dans le compost ou les solutions pour y remédier.

 Notre association a réuni des représentants des relais des différentes plates-formes pour établir le bilan d’une année noire et chercher une issue. Nous vous livrons les conclusions de cette rencontre.

 La remise en question prolongée de la qualité du compost produit sur les plates-formes induit la suspicion d’une dangerosité. Elle s’étend à l’utilisation du compost réalisé par les particuliers et les agriculteurs pour la production végétale dans les jardins et les champs. Pour éclaircir ce point, nous vous demandons de bien vouloir réaliser des mesures de toxicologie sur des cultures effectuées avec le compost incriminé.

 Nous sollicitons également une nouvelle rencontre des participants de décembre 2010 pour dresser l’avancement des recherches, pour prioriser les secteurs à explorer et pour éventuellement élargir les contributions scientifiques afin d’arriver rapidement à des conclusions.

Nous attendons donc une réaction urgente, notamment autour du point commun de ces sites, la présence de sols ferrugineux qui emprisonnent l'arsenic.

L’état des lieux

En janvier 2012, Trivalis a présenté les propositions du CEMAGREF pour optimiser les prélèvements des échantillons dans les analyses. L’objet est de rechercher l’origine de la contamination du compost par l’arsenic pour l’éliminer et par ce biais, avoir un produit respectant la norme. Même si Trivalis est conscient que la présence de l’arsenic dépasse le problème du compost, il considère que ce n’est pas vraiment de sa compétence.