COMPOST CITOYEN
en Auvergne et Limousin

Colloque d’Ytrac (Cantal) des 27 et 28 juin

Ce colloque organisé par la municipalité d’Ytrac et le Collectif de Sauvegarde de l'espace de Branviel voulait informer sur les enjeux de la gestion des déchets, la commune étant confrontée à un projet de centre d’enfouissement dans la forêt locale. Les intervenants étaient composés de Pascal Farcy d’Univers Nature, de Dani Dietmann, du Pr Dominique Belpomme et de trois vendéens – Olivier Blanchard pour les écocycleries, Christian Pacteau pour les pollutions diffuses, Jean-Pierre Morisseau pour Compost Citoyen.

 

 

Synthèse de l’intervention du Pr Dominique Belpomme

Les problèmes des décharges à ciel ouvert et des centres d’enfouissement ou de stockage

La France a le record européen des décharges à ciel ouvert (environ 3000).

Les centres de stockage des déchets ultimes relèvent d’un choix politicien car c’est une solution de facilité, scientifiquement aberrante, une braderie socio-économique. Les déchets ultimes devraient être inertes, non fermentescibles, après une valorisation maximum ( un peu plus de 20% en France, plus de 60% dans les pays européens de tête).

Les dangers sont la lixivation, les déchets non inertes (biogaz…), risques qui vont en s’accroissant dans le temps. L’argile apportée est poreuse car il y a perte de l’effet lamellaire. Les bâches ont potentiellement 500 points de rupture à l’hectare. Il n’existe pas d’études épidémiologiques pour en mesurer l’impact sur la santé des riverains.

L’incinération

Il y a deux sources de pollution : la lixivation des cendres (pollution des sols), la contamination aérienne (comme pour la cigarette, les filtres ne diminuent pas les risques sanitaires – effet cumulatif des milliers de substances dispersées). La mise aux normes pour la dioxine est un mensonge car elle n’est pas le seul polluant à l’origine des cancers. Un réel risque existe dans un rayon de 20 km de cancer, stérilité, malformation.

Les alternatives

Elles nécessitent des efforts, ont un bilan scientifiquement positif et sont une richesse socio-économique (emplois non délocalisables).

Le tri commence par la séparation des fermentescibles d’avec les déchets secs. La FFOM souillée est toxique et inapte à faire du compost. Les produits secs nécessitent un tri complexe, simplifié à la source, poussé ensuite dans une structure professionnelle. La réussite passe par l’éducation des usagers et une assurance qualité des filières.

Une bonne pratique des alternatives limiterait les déchets ultimes à 10%.

L’intérêt des alternatives réside dans la sécurité sanitaire, le respect de l’environnement et une source d’emplois. Les freins à leur développement sont :        
- la puissance des lobbies (préférence pour les solutions industrielles, manipulation des citoyens, facilité pour les élus),
- politiques (nécessité de réaliser soi-même avec ses moyens pour convaincre),          
- la manipulation de la population ( classement des alternatives dans l’utopie).

Les conséquences sur la santé

La recherche « santé et environnement » est sans moyen financier, sans base de connaissances en France. Pourtant, 75% des cancers sont dus à l’environnement. Reste à convaincre par l’exemple.

 

Synthèse de l’intervention de Pascal Farcy sur les CSDU

L’étanchéité totale des CSDU est illusoire. La porosité de la couche d’argile est de 3 cm/an. Les bâches PEHD de 5 mm maximum posées en lés soudés peuvent être percées par le contenu et se dégrade dans le temps. (10 l de lixiviat par jour et par hectare la traverse, 200 l après 20 ans).

Avec 23000 tonnes de déchets déposés par an, on obtient entre 7 et 12000 m3 de lixiviat dont le coût de traitement est de 24€/m3 ; 600 m3 de résidus solides filtrés sont extraits.

 Après fermeture, les centres risquent une perte de mémoire d’où une réutilisation du terrain pour des activités humaines.

Pour plus d’informations et apporter votre soutien : http://www.ytrac.fr

 

Rencontre à AYEN (Corrèze)

Compost Citoyen avait été invité par les élus et des associations d’Ayen en Corrèze pour les aider à une étude de compostage collectif dans leur village de vacances. Cette commune de 700 habitants témoigne d’un étonnant dynamisme car elle a maintenu ses commerces et ses services et a mis en place un Agenda 21 local.

C’est dans cette démarche qu’elle a choisi de faire de son VVF un site pilote pour le compostage. Jean-Pierre Morisseau a rencontré le groupe de réflexion, le 3 juillet, à Ayen. Un plan d’action pour la restauration collective a été élaboré avec mise en place du tri en cuisine et à la plonge, évacuation des déchets vers une petite plate-forme constituée de grands casiers. Ce programme sera complété par des actions pour les déchets fermentescibles produits dans les 72 bungalows. Ceux-ci étant regroupés en îlots avec un parking dédié, il y serait installé pour chaque lieu un kiosque pouvant recevoir les biodéchets et le broyat nécessaire pour les recouvrir ; ceux-ci seraient vidés régulièrement sur la plate-forme.

Ces préparatifs seront effectués pendant l’hiver pour une ouverture l’été prochain. Aussi, si vous voulez découvrir ces installations, il faudra aller en vacances à Ayen en 2010. Vous ne le regretterez pas car la région est riche en histoire et en paysages.