Un article d'OUEST-FRANCE avec le témoignage de notre trésorier :

Poubelles : Lionel et Odile prêts pour la levée !

Lionel Bouancheau et Odile Dugast réduisent leurs déchets, recyclables ou non. En 2011, la redevance incitative devrait récompenser leurs efforts.

Polluer moins pour payer moins. À La Roche, par motivation écologique, un couple a largement anticipé la taxe incitative à venir. Il partage ses astuces.

Entretien

Pourquoi triez-vous ?

Ça ne nous demande pas d'effort. Au contraire, c'est jeter qui nous fait mal au coeur ! Nos liens avec le milieu rural font que nous savons que tout retourne à la terre. Nous faisons partie de l'association Compost citoyen : il nous paraît logique d'appliquer le comportement que nous préconisons pour pouvoir échapper aux solutions complexes et coûteuses, peu protectrices de l'environnement puisqu'elles ne règlent pas le problème de l'utilisation excessive de matières premières non renouvelables, dont le recyclage reste coûteux et polluant.

Trier « à la source », ça veut dire quoi ?

Nous faisons en sorte que les déchets n'entrent pas dans notre maison. Nous cuisinons, ce qui évite les emballages des plats préparés. Nous faisons nos yaourts. Nous achetons la viande chez le boucher, où il n'y a pas de barquettes en polystyrène. Nous emmenons paniers et sacs plastiques pour faire les courses. En « coop. bio » et au marché, aucun souci : les gens sont nombreux à faire ainsi. Chez les autres commerçants, il faut rappeler régulièrement qu'on ne prend pas de sac. Ils finissent par s'en souvenir. Au final, il nous reste peu de choses à trier !

À la maison, comment s'organise le tri ?

Évidemment, nous avons les sacs jaunes pour tout ce qui peut se recycler : bouteilles de lait, papier, etc. Nous avons une poubelle pour les épluchures qui vont aller au compost, une autre pour les déchets que nous n'avons pas pu éviter : quelques pots de yaourts, des emballages d'ampoules électriques, l'aluminium du chocolat, les plastiques des journaux auxquels nous sommes abonnés...

Quelle quantité de déchets non recyclables sont jetés ?

Nous évaluons nos déchets non recyclables à 25 kg par an et par personne (NDLR : contre une moyenne de 226 kg de déchets non recyclables par personne en Vendée). Nous faisons aussi en sorte que les déchets recyclables soient réduits au minimum, car même le recyclage pollue. Par exemple, nous évitons les piles non rechargeables. Nous avons même une lampe-torche qui se recharge en tournant une manivelle !

Est-ce que ce mode de vie ne revient pas cher ?

En cuisinant nous-mêmes, nous faisons beaucoup d'économies. Et puis, quand la redevance incitative va entrer en vigueur (NDLR : en 2011), nous paierons très peu cher : à l'heure actuelle, nous sommes déjà au rythme d'un seul bac de 100 litres par trimestre ! Nous sommes ravis qu'enfin on demande de payer en fonction de ce qu'on consomme, comme ça se fait pour le gaz ou l'électricité. Et puis, il ne faut pas oublier que les emballages actuels, c'est nous, consommateurs, qui les payons. Si on réduisait les emballages dès la production, les produits coûteraient bien moins cher !

Pensez-vous pouvoir faire mieux encore ?

En Norvège et en Suède, où nous venons de passer nos vacances, nous avons vu que les bacs de tri, très nombreux, facilitent les démarches. Que grâce à un système de consigne, les bouteilles et canettes sont réutilisées sans même passer par la case recyclage, très coûteuse, y compris pour le consommateur !

 

Propos recueillis par Claire HAUBRY.  Ouest-France