Compostage à partir de déchets non triés

La fabrication de compost à partir de déchets organiques mélangés aux autres déchets ménagers, telle est la proposition formulée par des industriels et reprise par les cabinets d'étude pour séduire les élus. C'est le principe des usines de tri mécano-biologique qui voudraient s'implanter aujourd'hui sur le marché de la gestion des déchets. Pour convaincre les réticents, il est affirmé que le compost issu du processus respectera la norme NFU 44-051.

Comment ce miracle est-il possible ?

Les déchets organiques triés par les machines restent des déchets et ne peuvent s'appeler "compost". Malgré le criblage poussé, ils demeurent des particules de déchets non organiques (plastique, verre, métaux...) et, moins visibles, des polluants provenant des déchets ultimes qui ont macéré ensemble pendant plusieurs jours. Aussi, pour obtenir un compost normé, il faut diluer le résultat du tri mécano-biologique avec autant de déchets verts que  nécessaire et baisser ainsi le taux des polluants par rapport à la quantité de matière.

De plus, le bilan entre les intrants et les sortants du tri mécano-biologique laisse à penser que les rejets dans l'atmosphère ne concernent pas uniquement de la vapeur d'eau.

Qui va utiliser le compost fabriqué ?

Le débouché ciblé est celui des agriculteurs et des producteurs de légumes. Après les problèmes de la vache folle qui ont identifié la nécessité d'une traçabilité de tous les intrants dans la production, comment peut-on utiliser les éléments fertilisants d'un compost qui a été en mélange avec toutes sortes de déchets inconnus, notamment des résidus de solvants, de peinture et autres ?

Les organismes de certification de l'agriculture biologique ont déjà répondu à la question : NON !

L'agriculture raisonnée sera-t-elle aussi raisonnable ? Le bon sens voudrait qu'elle refuse aussi un tel amendement pour conserver une image de transparence auprès du public.

A terme, si le produit issu du tri mécano-biologique reste sans débouché, il finira à l'enfouissement avec le seul mérite d'être inerte. Il ne faudrait pas qu'il ait été dilué avec des déchets verts car cela créerait un double gaspillage : des déchets fermentescibles qui, triés à la source, auraient été valorisés et des déchets verts seuls qui auraient été aussi valorisés.

Halte au gaspillage !

Élus, ne cédez pas aux sirènes des industriels du tri mécano-biologique.

Ne gaspillez pas les déchets fermentescibles et les déchets verts valorisables.

Ne gaspillez pas l'argent des usagers dans le coût exhorbitant de ces usines.

Ne gaspillez pas inutilement l'énergie en transportant les déchets fermentescibles jusqu'aux usines alors qu'ils peuvent être valorisés en proximité.

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